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.: Quand l'Ile aux Moines reçoit son nom :.

Il est rare qu’une commune puisse fournir la date et l’explication de son nom. L’ÎLE AUX MOINES a la chance de posséder son « acte de baptême » : c’est une charte de l’antique Abbaye de Redon, « chartre n°70 » du cartulaire , fidèlement recopié au XI ième siècle sur l’original du IX ème. En voici la traduction, qui ne va pas toujours sans problème, car le latin de cette période est fort éloigné de celui de César et Cicéron.



« Cette chartre indique et conserve comment ERISPOE donna la paroisse appelée CHAER avec les tenues qui en dépendent et leurs colons, à savoir AVAELLON, CLIDES et VILATA, avec leurs vignes et prairies, et l’île appelée CRIALEIS, c’est à dire ENESMANAC, en fief aux moines de l’abbaye de SAINT SAUVEUR, en aumône pour son âme et pour le règne de Dieu. Il fit ce don en déposant son gant dans la main de l’abbé CONWOION, à l’endroit appelé CANCELL. Fait en présence de nombreux hommes nobles : témoins, ERISPOE qui fit le don et ordonna de le confirmer, BUDIC, HOIARNOCET, WORWETEN, PENOT, PASCWETEN, FESTGEN, le diacre FELIX, le prêtre MEIOR ; le seigneur LOTHAIRE étant empereur, le roi CHARLES régnant, ERISPOE gouvernant la Bretagne, COURANTGEN étant évêque dans la cité de vannes ; »



Il y aurait beaucoup à dire sur cette charte de donation car elle nous renvoie à une époque presque irréelle , tellement les habitants, les noms, les personnes nous semblent lointains. La donation se fait de façon symbolique : le roi des Bretons dépose son gant dans la main de l’abbé. Son gant, un objet personnel représente pour lui et pour tous les témoins, la terre dont il veut faire don. Si l’acte avait eu lieu sur le terrain même, Erispoe aurait sans doute remis à Conwoion une motte de terre, la partie représentant le tout. Mais la donation se fit à Cancell, un lieu inconnu, qui ne peut être situé qu’entre Vannes et Redon. Les personnes citées dans la charte ne sont pas toutes inconnues : à côté d’Erispoe et de Conwoion, nous trouvons les Comtes de Vannes Pascweten, le Diacre (ou plutôt l’Archidiacre) Félix, en l’absence de l’Evêque Courantgen, peut être à ce moment prisonnier des Normands.



La date ? Le milieu du IX ième siècle, plus précisément entre juillet 851 et le 28 septembre 855. Il n’y a guère qu’un demi siècle que Charlemagne, « l’empereur à la barbe fleurie » des chansons de gestes a été couronné à Rome Empereur dOccident, guère plus de 60 ans qu’il a établi Roland Le Preux Comte de la Marche de Bretagne, pour contenir et soumettre ses sujets turbulents et batailleurs que sont les Bretons. Depuis, l’histoire a tourné, l’empire d’Occident se fissure, le nationalisme breton cherche à s’émanciper, provoquant des représailles et des répressions très lourdes, en 809, en 818. En 845, battu par Nominoë gouverneur de Bretagne, le roi des Francs, Charles le Chauve, doit accepter le fait accompli : Il reconnaît l’indépendance de la Bretagne, avec à sa tête Nominoë. Erispoe succède à son père en Juillet 851. Débarrassé de la pression franque, il étend ses possessions jusqu’en Maine et Poitou, mais doit faire face à plusieurs reprises, aux pillards normands.



Epoque rude et difficile. Signe de l’insécurité des temps : Un propriétaire cacha dans un muret à Kerscot une boîte en fer contenant des pièces de Louis le Débonnaire mort en 840. Il disparut ou mourut sans avoir récupéré son trésor qui ne fut découvert qu’en 1904. On comprend que des hommes pacifiques et religieux comme Conwoion aient cherché à vivre dans la solitude et la prière.



Né à Comblossac vers 788, ordonné prêtre avant 810, il devint bientôt Archidiacre de l’évêque de Vannes, le deuxième personnage du diocèse. En 832, il donna sa démission et partit avec Cinq autres prêtres de Vannes se fixer aux bord de la Vilaine, dans un lieu appelé alors Roton, aujourd’hui Redon. Après des débuts pénibles, le jeune monastère fut accepté, reconnu, enrichi de terres. C’est ainsi qu’il reçut le 30 août 836, la « petite paroisse » d’Arzon , et un vingtaine d’années plus tard, la paroisse de Chaer.



Chaer, c’est le nom ancien de Locmariaquer. Mais, il est difficile d’évaluer son étendue à cette époque et plus encore de situer les tenues d’Avaellon, de Clides et de Vilata. Il en serait probablement de même pour l’île appelée Crialeis , si on ne lui avait accolé un autre nom, Enesmanac. Crialeis où certains ont voulu voir la croix d’Ales (Crug Alès ?),est peut être un nom donné par les Bretons, peut être encore plus ancien. On ne le voit cité nulle part ailleurs, car il fut bientôt remplacé par l’autre appellation : Enesmanac.



Ce nouveau nom qui est demeuré jusqu'à nous, n’est pas sans poser de problèmes : A-t-il été donné à Crialeis à l’occasion de sa donation à Redon ? Etait-il en usage auparavant ? Est-il une explication ajoutée, comme en marge, par le copiste de la charte du XI ème siècle ? L’étude précise du mot ferait plutôt pencher pour la seconde hypothèse : Enesmanac, qui est devenu par contraction, Izenah, signifie, l’Ile au Moine, l’Ile du Moine ; Ile aux Moines devrait renvoyé à la forme Enesmenec, comme dans Lomenech et Locminé. L’orthographe avec pluriel que l’on retrouve dès le XV ème siècle (Isle aux moenes), s’est trouvée en concurrence jusqu’au XVIIIième siècle avec le singulier : Isle au Moyne .



De quels moines s’agit- il ? de l’Abbé Conwoion lui- même , L’île n’était qu’une des nombreuses possessions de Redon et l’on voit mal pourquoi elle aurait été la seule à changer de nom à l’occasion de sa donation et pour être désignée de manière aussi vague. L’île d’Arz aussi était possession de l’abbaye de Rhuys à la même époque , mais, précisément, plusieurs indices ne manquent pas de la présence de moines de Rhuys vivant en ermites dans des endroits isolés : Hoedic avec saint Goustan au XIème siècle, l’ermitage de Saint Gildas à Bieuzy, peut être Roguedas (Le rocher de Gildas) sur la côte d’Arradon. L’île de Crialeis n’aurait elle pas été, elle aussi, le refuge d’un moines en quête de solitude absolue ?



Il existe une tradition tenace de la présence de moines dans l’île et même plusieurs localisations : à Locmiquel, à Kerquecu, au bas de Kergonan, au Pargo……Aucun indice sérieux n’est venu appuyer l’un ou l’autre de ces lieux. Les seuls souvenirs que l’île conserve de son rattachement à Redon, en dehors de son nom, ce sont les armes de l’ancien monastère (« deux crosses d’or en pal sur fond de gueules », gravées sur une plaque de cuivre sous le maître autel de l’église en 1955, soit exactement onze siècles après la donation, et la crosse écartelée avec l’ancre de marine qui figure dans les armes récentes de l’île)



Comment pouvait se présenter l’île à cette époque ? une population sans doute clairsemée, vivant de la pêche et de la terre : des prés et des vignes, des champs d’orge, d’avoine, de seigle et de mil. Faut-il y ajouter les fèves, qu’un traducteur aventureux a cru lire dans la charte de donation ? « ad fabas » doit être interprété en terme de droit « en fief », plutôt que qu’en terme de culture potagère : « pour les fèves ». Témoin cependant d’une certaine richesse : le coffret de fer contenant des pièces d’argent et caché dans un muret de kersc, témoin aussi de l’insécurité des temps.



L’île était trop éloignée de Redon et les temps trop troublés pour que l’abbaye en gardât longtemps la possession . Arzon qui avait été donné à Redon des 836 dut lui être restitué à plusieurs reprises : en 850, 878 ,1027 , ce qui implique de sérieuses contestations , période troublée de surcroît par les incursions des Normands de plus en plus fréquentes et hardies à partir de 847. en 854 , ils font prisonniers le Comte et l’Evêque de Vannes. Erispoe est encerclé dans la ville de Vannes, pendant que les Normands dévastent la campagne avant de repartir au printemps de 855. Peut être même faut- il voir dans le cadeau que fait Erispoe à Redon un geste de reconnaissance à Dieu après le soulagement éprouvé par suite du départ des Normands ? Autre hypothèse : l’île aux Moines ravagée par les pirates comme toute la côte, aurait été confiée aux moines de Redon pour qu’ils la repeuplent de colons…



Ce n’était cependant pas la fin des maux de ces temps de violence : Erispoe est assassiné en 857 par son cousin Salomon qui prend sa place, mais fut assassiné à son tour en 874 . La Bretagne affaiblie par les disputes des grands, redevient la proie des Normands. En 919, ils reviennent non plus pour une simple razzia, mais pour une longue occupation de 18 ans, du Blavet à la Vilaine. Moines et chefs locaux ont cherché refuge jusqu’en Aquitaine, en Bourgogne ou en Angleterre. La ville de Vannes est prise, la cathédrale incendiée, l’évêque St Bily massacré. Le petit peuple resté sans protection, courbe l’échine sous ses nouveaux maîtres. Le réseau social est déchiqueté, les terres changent de propriétaire, les ruines s’accumulent.



Inutile de chercher des traces de cette période. On peut seulement imaginer des habitations frustes, faites de murs bas arrondis et recouvertes de branchages et de chaume comme des huttes. Et , sillonnant le golfe, les drakkars des vikings …..

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Article écrit par Jean Evenou le 16/06/2003 (lu 6989 - catégorie : Histoire) - Imprimer cette news

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